Contenu du jeu
1 coffret-plateau en bois en forme d’étoile + 60 pions en bois (10 pions dans 6 couleurs).
Le but du jeu
Être le premier à amener tous ses pions dans la pointe de l’étoile située en face de la sienne.
Mise en place
Chaque joueur place ses 10 pions dans une pointe de l’étoile (voir le schéma). À 2 joueurs, on prend 1, 2 ou 3 couleurs chacun (le jeu est plus intéressant avec 3 couleurs chacun) et on s’installe face à face. À 3 joueurs, on peut prendre 1 ou 2 couleurs chacun. À 4 joueurs, une seule couleur chacun. À 6 joueurs, une couleur chacun. On ne peut malheureusement pas jouer à 5.

Règle du jeu
On joue chacun son tour, dans le sens des aiguilles d’une montre. À son tour, le joueur déplace un seul pion, de deux façons possibles :


Le pas : le pion avance d’un trou, dans n’importe quelle direction, vers un trou voisin et vide.
Le saut : le pion saute par-dessus un pion voisin, le sien ou celui d’un adversaire, et se pose dans le trou vide situé juste derrière, en ligne droite. Depuis son nouveau trou, il peut enchaîner d’autres sauts, dans toutes les directions, tant que c’est possible. Le joueur s’arrête quand il le souhaite.
Aucun pion n’est jamais capturé : les pions sautés restent en place. Un pion peut traverser ou s’arrêter dans n’importe quelle pointe de l’étoile.
Fin de la partie : Le premier joueur qui a rempli la pointe opposée avec ses 10 pions gagne. Par fair-play, on ne laisse pas volontairement un pion dans sa pointe de départ pour bloquer un adversaire.
Pour aller plus loin : stratégie et conseils pour gagner
Les dames chinoises sont une course, mais une course sans dé : rien ne dépend du hasard, tout dépend de l’ordre dans lequel vous déplacez vos dix pions. Le secret du jeu est simple à énoncer et long à maîtriser : un pion qui marche avance d’un trou, un pion qui saute peut traverser la moitié de l’étoile en un seul tour. Les conseils qui suivent reprennent les principes qu’on retrouve chez les joueurs de Halma et de dames chinoises, complétés par notre pratique du jeu.
1. Cherchez le saut le plus long
À chaque tour, avant de bouger, parcourez le plateau et cherchez la chaîne de sauts la plus longue qui rapproche un pion de la pointe d’arrivée, ou l’y fait entrer directement. C’est la base du jeu : un seul pas quand un saut triple était possible, c’est un tour perdu. Le joueur qui gagne est souvent celui qui a eu la patience de regarder toutes les possibilités avant de choisir.
2. Construisez des ponts
Un saut a besoin d’un pion à enjamber, le vôtre ou celui d’un adversaire. Placez donc vos pions en chaîne, en laissant un trou libre derrière chacun, pour que vos pions arrière puissent les enjamber un à un et traverser vite. Gardez en tête que ce pont sert à tout le monde : un adversaire peut emprunter votre chaîne autant que vous. Construisez-la dans une direction qui vous sert plus qu’à lui.
3. Passez par le centre
Le chemin le plus court entre votre pointe et la pointe opposée traverse le milieu de l’étoile. Occuper le centre tôt donne aussi plus de choix de déplacement, puisqu’un pion placé là a des voisins dans toutes les directions. Les joueurs de Halma considèrent la prise du centre comme un atout décisif en début de partie ; aux dames chinoises, c’est la même idée.
4. Ne laissez aucun pion derrière
Le piège classique est de pousser huit pions vers l’arrivée et d’oublier les deux derniers au fond de sa pointe de départ. Une fois le plateau vidé autour d’eux, ces retardataires n’ont plus rien à enjamber et doivent traverser pas à pas, pendant que l’adversaire termine. Faites avancer votre groupe ensemble, et vérifiez régulièrement que vos pions les plus en retard ont encore des pions à sauter devant eux.
5. Remplissez l’arrivée par les côtés
Quand vos premiers pions atteignent la pointe opposée, placez-les d’abord au fond et sur les côtés du triangle, en laissant libre l’entrée centrale et les trous qui servent de tremplin aux suivants. Un pion posé trop tôt à l’entrée de la pointe bouche le passage de vos propres pions.
6. Gênez sans vous gêner
Vous pouvez interrompre une chaîne de sauts à l’endroit de votre choix pour couper une route à l’adversaire ou lui retirer un tremplin. C’est efficace, à condition de ne pas sacrifier votre propre avance : chaque tour passé à bloquer est un tour où vous n’avancez pas, et le blocage ne fonctionne que si l’adversaire n’a pas d’autre chemin. La notice le rappelle, et c’est aussi une question de fair-play : on ne laisse pas un pion dans sa pointe de départ pour empêcher l’autre de finir.
Les mots du jeu
- Le pas : déplacement d’un pion vers un trou voisin et vide.
- Le saut : enjamber un pion voisin, à soi ou à l’adversaire, pour se poser juste derrière lui.
- Chaîne de sauts : plusieurs sauts enchaînés dans le même tour avec le même pion.
- Pont : une file de pions espacés d’un trou, qui permet à ses pions arrière de traverser rapidement.
- Pointe : l’un des six triangles de l’étoile ; chaque joueur part de la sienne et vise celle d’en face.
- Halma : l’ancêtre des dames chinoises, joué sur un plateau carré avec les mêmes déplacements.
Les origines des dames chinoises
Malgré leur nom, les dames chinoises ne viennent pas de Chine, et ce ne sont pas des dames : on n’y capture jamais rien. Le jeu descend du Halma, inventé aux États-Unis en 1883 ou 1884 par George Howard Monks, un chirurgien de la faculté de médecine de Harvard, qui s’inspirait d’un jeu anglais appelé Hoppity. Le nom Halma, « saut » en grec, aurait été proposé par Thomas Hill, mathématicien et futur président de Harvard. Le Halma se joue sur un grand plateau carré ; chaque joueur doit faire traverser son armée de pions jusqu’au camp opposé, en marchant ou en sautant, sans jamais prendre.
Quelques années plus tard, en 1892, l’éditeur allemand Ravensburger publie une variante sur un plateau en étoile, le Stern-Halma, avec dix pions par joueur et jusqu’à six joueurs. C’est exactement le jeu que vous connaissez. Le nom « Chinese Checkers » n’apparaît qu’en 1928 aux États-Unis : Bill et Jack Pressman, de la société J. Pressman & Co., rebaptisent ainsi leur « Hop Ching Checkers », et le succès est immédiat. Le nom chinois est donc une trouvaille commerciale américaine pour un jeu allemand d’inspiration anglo-américaine. Il est resté, en France comme ailleurs.
L’histoire complète des dames chinoises, du Halma de Boston à l’étoile de Ravensburger, fera l’objet d’un article dans notre Chronique ludique.
Questions fréquentes sur les règles des dames chinoises
Quelle est la différence entre les dames chinoises et le jeu de dames ?
Tout, sauf le nom. Aux dames, on capture les pions adverses en sautant par-dessus ; aux dames chinoises, on saute aussi par-dessus les pions, les siens comme ceux des autres, mais on ne prend jamais rien : les pions sautés restent en place. C’est une course, pas une bataille. Le plateau est en étoile, les pions se déplacent dans toutes les directions, et l’on peut jouer de 2 à 6.
Combien de pions aux dames chinoises ?
10 pions par couleur, et 6 couleurs, soit 60 pions pour remplir les six pointes de l’étoile. Chaque joueur dispose ses 10 pions dans sa pointe de départ et doit les amener tous dans la pointe située en face.
Comment jouer aux dames chinoises à 2, 3, 4 ou 6 joueurs ?
À 2 joueurs, installez-vous face à face ; chacun peut prendre 1, 2 ou 3 couleurs, et la partie est plus riche avec 3 couleurs chacun. À 3 joueurs, 1 ou 2 couleurs chacun, chaque joueur visant la pointe en face de chacune de ses couleurs. À 4 et à 6 joueurs, une couleur chacun. On ne peut pas jouer à 5 : il y aurait toujours un joueur sans pointe libre en face de lui.
Peut-on bloquer un adversaire aux dames chinoises ?
Gêner, oui : on peut arrêter sa chaîne de sauts où l’on veut pour couper une route, et rien n’interdit de s’arrêter ou de traverser une pointe qui n’est pas la sienne. Bloquer définitivement, non : par fair-play, on ne laisse pas volontairement un pion dans sa pointe de départ pour empêcher un adversaire d’y finir.
Est-on obligé de sauter aux dames chinoises ?
Non. Le saut n’est jamais obligatoire, et l’on peut interrompre une chaîne de sauts quand on le souhaite. En revanche, on ne mélange pas les deux dans un même tour : un pion fait soit un pas, soit un ou plusieurs sauts. Un saut ne se fait qu’en ligne droite, par-dessus un seul pion voisin, vers le trou vide juste derrière.
Combien de temps dure une partie de dames chinoises ?
Comptez 15 à 30 minutes. Une partie à 2 avec une seule couleur chacun va vite ; à 6 joueurs, ou à 2 avec 3 couleurs chacun, le plateau est plein, les chaînes de sauts sont plus longues et la partie dure davantage.
À partir de quel âge jouer aux dames chinoises ?
Dès 6 ou 7 ans. Les deux déplacements se comprennent immédiatement, et les enfants adorent chercher les grands sauts. Les adultes y trouvent un vrai jeu de réflexion : c’est l’un de ces jeux intemporels qui rassemblent toutes les générations autour de la table.



